Zelda 3 : vingt-cinq ans de hacking
De Hyrule Magic à yaze : comment la communauté de A Link to the Past est passée d’un éditeur unique et fragile à des outils modernes.
1. 2001–2008 : Hyrule Magic
Pendant près de vingt ans, éditer A Link to the Past a voulu dire une chose : ouvrir Hyrule Magic et croiser les doigts. Ce n'est plus le cas. Voici comment la scène Zelda 3 est passée d'un éditeur unique et fragile à une boîte à outils moderne, ouverte et documentée.
Hyrule Magic, l’éditeur de tout le monde
Hyrule Magic est écrit par Sephiroth3 entre 2001 et 2003. C'est longtemps le seul éditeur complet de Zelda 3 : donjons, overworld, sprites, textes, palettes. Les premiers grands hacks, comme Parallel Worlds, sortent de ses entrailles, et le tuto Refaire les donjons du site a été écrit avec lui.
Mais Hyrule Magic est aussi célèbre pour sa fragilité. Les problèmes reviennent sans cesse dans les forums :
- Une gestion des pointeurs catastrophique. SuperZed, qui repart de son code, en a recensé des exemples précis : l’enregistrement de l’overworld écrivait à l’adresse des données de donjons, la sauvegarde des sprites ignorait les pointeurs et réécrivait toujours à l’emplacement d’origine, une simple faute de frappe dans un pointeur cassait le temple de l’eau.
- Une réécriture sauvage de la ROM. Pour faire tenir les données, Hyrule Magic tasse tout dans l’espace du jeu d’origine. Un bug de « coupure » pouvait même tronquer le fichier de la ROM à l’enregistrement.
- Des corruptions fréquentes. Données écrasées, salles qui se mélangent, sauvegardes de jeu qui deviennent incohérentes : la règle d’or était de garder une copie de la ROM avant chaque séance.
- Un programme d’un autre âge. Pensé pour les Windows du début des années 2000, il plante de plus en plus sur XP, 7, 10 et 11 ; il faut ruser avec les modes de compatibilité ou une machine virtuelle, sans jamais être sûr du résultat.
Ces logiciels sont des projets de fans, sans lien avec Nintendo. The Legend of Zelda est une marque de Nintendo. Aucune ROM n’est fournie ici.