Pourquoi faire des hacks ?
Texte d'origine écrit en 2006, relu en 2026
Il serait faux de penser que la simple nostalgie anime le hackeur ou le joueur de hacks de Mario. Le phénomène, très connu sur le web anglophone et qui a percé chez nous avec bien du retard, est dû à des causes beaucoup plus subtiles.
Pour bien comprendre cet engouement, désormais bien ancré dans la pratique du retrogaming, il faudrait retracer toute l'histoire des Mario en 2D et de leur merveilleux gameplay. Bien sûr, c'est sur la Super Nintendo que le graphisme et les effets spéciaux ont été les plus aboutis : c'est bien pour cela que le Mario le plus hacké est Super Mario World. Il existe des hacks des jeux NES, mais ils ne présentent pas autant d'intérêt, car il leur manque la richesse visuelle de la Super Nintendo, comme on peut le voir dans Super Mario All-Stars, véritable bijou visuel.
Avec l'arrivée des consoles 3D, Nintendo n'a pas su garder, pour de nombreuses raisons, la place de leader qu'il occupait. Bien sûr, Nintendo n'a pas abandonné sa mascotte fétiche, puisque de nouveaux jeux sont apparus. Mais avec Mario 64, Mario n'était plus Mario. Adieu le bon jeu de plates-formes qui demandait des réflexes de Jedi pour être terminé ! Mario est devenu un jeu de promenade, alors même que Crash Bandicoot perçait dans le genre plates-formes. La suite des jeux de plates-formes fut une mutation masquée en RPG (Mario 64 devait se nommer Mario RPG 2, mais Square détenait les droits).
Une page se tournait, et les joueurs en manque d'épreuves herculéennes ont passé leur chemin. Si Mario 64 a su devenir culte pour une nouvelle génération, il n'a pas su convaincre les aficionados les plus accros de la première heure. Et depuis, on attend toujours le messie. Viendra-t-il ? Nintendo comprendra-t-il la déception de certains de ses joueurs les plus fervents ? Avec New Super Mario Bros. et Super Paper Mario, Nintendo semble vouloir retrouver ses racines, mais le chemin est encore long. Le dernier New Super Mario Bros. a fait le choix de s'adresser à un public très jeune : le gameplay « savonnette » est devenu la norme des Mario en pseudo-2D. Jouer aux nouveaux Mario procure désormais une expérience comparable à celle des jeux Disney de l'époque (très bons d'ailleurs). Mais un Mario qui parcourt un jardin d'enfants ne restitue ni l'ambiance de Super Mario Bros., ni celle de Super Mario World.
Est-on ringard de vouloir absolument jouer à un vrai jeu de plates-formes ? Non : même à l'aube des consoles 3D, des jeux comme Abe's Oddysee et Castlevania : Symphony of the Night ont largement prouvé que les 32 bits apportaient un plus à la 2D. Aujourd'hui, en plus des nombreux jeux de plates-formes disponibles sur Wii, nombre de petits jeux en téléchargement font écho au retrogaming. Mais c'est avec Rayman Origins que le jeu de plates-formes revit enfin, avec le lot de challenges que les joueurs étaient en droit d'attendre. Les vieilles licences ont donc la cote. Pour réussir leur renaissance, il faut cependant réussir une chose : retranscrire le gameplay. Et c'est bien là que Nintendo a échoué !
Grâce aux hacks que permet de créer le logiciel Lunar Magic, on n'a plus besoin de refaire en long et en large nos Mario préférés pour retrouver ce plaisir de jeu, si simple et si fort à la fois. Maintenant, le joueur peut enfin découvrir de nouveaux plateaux grâce à la customisation des GFX ou à l'importation d'EXGFX. Certains hacks sont même tellement aboutis que Mario a besoin de nouveaux power-ups pour se transformer, des briques tout à fait originales agrémentent les niveaux, de nouveaux ennemis apparaissent également…
Les limites des hacks sont de plus en plus repoussées. Dommage que l'on connaisse très bien les boss et que les sprites de Mario diffèrent peu (pas de nouvelles transformations)… Pour autant, le plaisir de jeu est là, et c'est le principal ! Si Nintendo veut reconquérir ses premiers joueurs, il trouvera chez certains de ces hackeurs ses nouveaux génies. Car il leur manque le savoir-faire de Nintendo pour ajouter ce je-ne-sais-quoi qui fait toute la différence.
Le hack apporte donc beaucoup de créativité, et les hackeurs peuvent être fiers d'offrir un plaisir authentique à leurs joueurs.
Merci donc aux auteurs de tous ces hacks ! Merci de nous faire revivre tant d'aventures ! Bravo à tous, et vive le hack !